Ateliers d'écriture. Quinze années à en animer. Des centaines de rencontres, de textes lus, de textes entendus. Chaque atelier qui pourrait donner lieu à un écrit. Pour la force d'une lecture, l'émotion partagé, les revirements qui soudain mettent en écriture celui ou celle qui semblait si revêche à toute tentative. Et toujours cette confiance reçue, donnée. Écrire pour ouvrir son regard sur le monde. Le monde qui s'invite chaque jour chez nous par le biais des médias, des discussions, de nos expériences et on ne peut lui laisser toute la place. Faire écrire les autres. Pas toujours facile, pas toujours évident. Le rapport à l'écriture chargée de ce que l'école a plus ou moins bien transmis. Souvent la peur. L'écriture qui nous a trahi : mauvaises notes, réflexions désobligeantes, incompréhension. Le lourd tribut du zéro en rouge pointé de la dictée. Alors certains ont abdiqué et n'écrivent plus, d'autres se contentent d'une norme du bien écrire. Ils essaient d'écrire proprement. Écrire pour éviter la marque rouge sur le cahier. Proposer alors une écriture qui permet de penser différemment. J'aime animer des ateliers, même si j'ai besoin de rester quelques mois sans me préoccuper de l'écriture des autres. Mais, il est bon de rappeler que la rencontre n'est possible que si des personnes compétentes réunissent un groupe. Sans les enseignants, les documentalistes, les bibliothécaires, les animateurs sociaux, les éducateurs, etc. L'atelier ne pourrait exister. Alors je tiens à les remercier ici et leur souffler, qu'il ne faut pas s'arrêter. Car si les conditions se font difficiles, l'écriture doit continuer à exister, à s'inventer - partout et pour tous. Et aussi cette photo de moi, parce qu'elle me plait, tout simplement. Photo prise pendant les Mercurielles de Cherbourg que coordonne avec passion Brigitte Poulain. Oui, écrire. Écrire le mur, traverser le mur ... inventer la rue, le soleil... abattre la ville ... reconstruire le mur qui s'abat sur moi traversant le mur... Jacques Dupin.